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La semaine dernière, j’ai discuté avec une agence de voyage. On a parlé des freins, des peurs, des angoisses que rencontrent leurs clients. Sans surprise, la peur qui revient le plus souvent est la peur de l’avion, suivie de près par les petites bêtes et l’émétophobie (la phobie du vomi). On serait tenté de les ignorer, de se dire que ça se présente si rarement. Mais finalement, pourquoi ? Pourquoi planifier pour un voyage de rêve avec un cauchemar dans nos valises ? Ou pire, s’interdire un voyage parce qu’éventuellement, peut-être, on croiserait une araignée ou un serpent ? Dans cet article, j’ai envie de parler de ces peurs qu’on ne rencontre que de manière ponctuelle, dans des moments bien précis.

Cet article est également disponible en version audio

Des phobies géographiques et saisonnières

Dans l’épisode 19 de Brin de phobie, je parlais de l’apiphobie (la phobie des guêpes, abeilles et petites bêtes du même genre). C’est une phobie saisonnière. En hiver, on est tranquille. Et on a vite fait d’oublier, ou plutôt d’ignorer, qu’on a peur. C’est une forme d’évitement. « Oui, oui, j’ai peur, mais c’est juste en été, c’est pas grave. Et puis là en ce moment, ça va mieux, j’y pense pas. » Cette idée qu’en ce moment ça va mieux, c’est un piège psychologique assez subtil. Et parfois déstabilisant, parce qu’on croit que ça va mieux pour de vrai. Mais quand arrive le printemps… c’est reparti pour un tour. C’est d’autant plus vicieux quand ça se « limite » à une zone géographique. Il y a certaines situations qu’on ne rencontre que dans des contextes bien précis. Et les vacances en font partie. Typiquement, je ne prends pas l’avion autrement que pour voyager. C’est donc une peur que je ne croise qu’une ou deux fois par an.

Le piège du « c’est ponctuel »

Alors oui, on pourrait se dire : je prends l’avion deux fois dans l’année. Je peux faire un effort. Je peux prendre sur moi, ça ira. De toute façon, une fois dedans, j’aurai pas le choix.

Et dans un sens, c’est pas mal comme approche. Si on continue de prévoir des voyages, des activités, on ne laisse pas la peur prendre complètement le dessus.

Le problème c’est que ce discours minimise aussi notre peur. Ce n’est pas vraiment de la sagesse ou de la résilience, mais plutôt une forme d’évitement : « Je ne veux pas m’y confronter maintenant. »

En faisant ça, nous déléguons la gestion de la peur au « nous » du futur. Sauf que le « nous » du futur ne sera pas bien plus avancé que le « nous » d’aujourd’hui.

Et pour le cerveau, le « nous » du futur, c’est pas vraiment « nous ». C’est quelqu’un d’autre. Alors il lui refile le problème. Et ça le soulage. Temporairement.

Résultat : consciemment, on croit avoir mis la phobie de côté. Inconsciemment, on la nourrit.

Ce que ça coûte vraiment

La phobie est en veille. Mais pas inactive.
Et ça, ça a un coût.

Un coût qu’on ne voit pas forcément parce qu’il est diffus, étalé dans le temps. Pas un grand moment de panique visible, plutôt une série de petites limitations qui semblent logiques et qui s’accumulent.

Les destinations qu’on barre mentalement sans même s’en rendre compte.
« L’Australie ? Non, c’est trop loin et y a trop d’araignées. »
« L’Asie du Sud-Est ? Bof, avec cette chaleur et tous ces serpents… »
On ne se dit pas qu’on a peur. On se dit qu’on préfère autre chose.

Ce sont les compromis qu’on impose à nos proches, sans vraiment leur expliquer pourquoi.

Les vacances sont décidées autour de la phobie, pas autour de l’envie.

Et puis l’anticipation. Les semaines avant le départ où l’on scrute la météo, les forums de voyage, les témoignages. Où l’on cherche à se rassurer, mais où le cerveau va surtout retenir tout ce qui confirme que la menace est réelle. Un crash ici, un témoignage qui tourne mal là. Il trie, il stocke, il classe.

On arrive épuisé le jour du départ.
Et la fatigue, c’est traître.
Parce qu’on est plus perméable émotionnellement et donc plus vulnérable à la phobie, justement au moment où on a besoin de se sentir stable et confiant.

Et si on faisait autrement ?

Il y a quelques années, je suis partie en Tanzanie. Sur le moment, je me suis demandé pourquoi je n’avais jamais voyagé en Afrique avant. Et puis je me suis rappelée. C’était à cause de mon arachnophobie. Même si je ne me l’était jamais vraiment avoué.

Quand ma phobie s’est calmée, c’est comme si ma carte du monde s’était réactualisée. Des destinations qui n’existaient tout simplement pas pour moi sont réapparues.

C’est ça, le vrai résultat. Pas juste « avoir moins peur ». Se réapproprier un espace de vie qu’on avait inconsciemment rétréci.

Reprendre ses vacances.
Arrêter de décider autour de la phobie.
Honnêtement, on a déjà assez de contraintes toute l’année. On n’a pas besoin de s’en rajouter avec une peur irrationnelle. C’est pour ça que je trouve que ça vaut 1000x la peine de faire quelque chose.

Et l’hypnose se prête particulièrement bien pour ça. En quelques séances, vous pouvez déjà sentir une nette amélioration. Pas juste le jour J, dans l’avion ou face à l’araignée, mais dans tous ces moments d’avant et d’après qu’on ne comptabilise jamais vraiment.

Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous avez envie d’en parler, je vous invite à prendre contact. Parce que travailler sur une phobie quand elle est en veille, c’est toujours plus facile et plus efficace que de le faire en pleine crise.

Hello, je m’appelle Mélissa Hotz. Hypnothérapeute certifiée NGH depuis 2012, j’aide les personnes qui en ont assez de laisser leurs peurs décider à leur place — phobie de l’avion, araignées, insectes ou autres — à retrouver leur liberté, en travaillant avec leur Inconscient plutôt que contre lui. En apprendre plus sur moi