gtag('config', 'AW-10969743704')

« Je n’ai pas d’aliments interdits… mais jeudi dernier, ma collègue a amené des croissants et j’ai craqué. »

Mais dis-moi : t’autorise-tu vraiment ce croissant ?
Ou serait-ce quand même mieux de ne pas le manger ?

Si ta collègue avait amené des oranges à la place, aurions-nous cette discussion ?
Te serais-tu jeté sur elles, comme tu l’aurais fait pour les croissants ? Probablement pas.
Aurais-tu culpabilisé après en avoir mangé une (ou deux) ? Non plus.

Tu aurais pris une orange (ou pas), mangé l’orange (peut-être même pas tout de suite) et tu aurais continué ta journée.
Et tu ne l’aurais jamais mentionnée.
Ça aurait été un non-événement.

Perte de poids Bien Dans Mon Corps Alimentation émotionnelle

Pourquoi on ne craque pas sur les oranges ?

La question est pertinente. Non ?
Pourquoi ne craque-t-on pas sur les « bons » aliments, mais justement sur les chips, les cacahuètes, les biscuits et le chocolat ?

Parce qu’on a le droit. La culture des régimes nous a appris que certains aliments sont autorisés et d’autres non.
Certains font grossir et d’autres font mincir.

WHAAAT ? « Certains font grossir et d’autres font mincir ? »

Faux !
C’est juste qu’ils ne nourrissent pas pareil.

Ok, nutritivement parlant, une orange n’apporte pas la même chose qu’un croissant (fibres, vitamines, satiété).
Mais énergiquement parlant, une calorie, c’est une calorie.
Et pour perdre du poids, ce qui « compte », c’est bien que l’apport calorique (aliments et boissons) soit inférieur aux dépenses caloriques (métabolisme, activité quotidienne, sport). D’où viennent les calories… quelque part on s’en fou.
(Ici, je ne parle pas de santé, tu peux perdre du poids en bouffant que du McDo, mais je ne te le recommande évidemment pas).

Faisons une petite comparaison.
Un croissant pèse ~45 g, soit 180 kcal.
Une orange pèse ~100 g, soit ~40 kcal.
D’accord. Un croissant, c’est beaucoup plus calorique qu’une orange.

Ceci dit, je ne sais pas toi, mais moi j’ai plus facilement tendance à bouffer des fruits « parce que c’est sain », qu’un croissant « parce que ça me fait plaisir ».

Pendant des années, j’ai mangé une pomme à la fin de chaque repas parce que c’était « mieux ». Mais comme je me privais de ce qui me faisait vraiment plaisir (les Chocobons), je finissais par craquer sur le paquet entier plus tard dans la journée.

Donc, juste en changeant mon regard sur ce qui est « bien » (les pommes) ou « mal » (les Chocobons), j’aurais « économisé » 45 kcal par repas, soit 90 kcal par jour. Le tout en choisissant le plaisir plutôt que la frustration (parce que les pommes… ça va un moment, mais bon…).

Et surtout : en évitant le craquage sur le paquet entier plus tard dans la journée parce que je m’étais privée de ce que je voulais vraiment.

Si j’ouvre le paquet, je le défonce

Je te vois venir. Je disais la même chose : si j’achète des Chocobons, je vais tous les bouffer, je ne peux pas me faire confiance.

Hé oui, je te rejoins à 100 %. D’ailleurs, j’ai vécu l’expérience ce weekend.
J’en avais marre des Chocobons (qui l’eût cru ?) et j’ai décidé de les remplacer par des M&M’s.
J’ai défoncé deux paquets en deux jours.

Et tu sais ce que j’ai fait lundi ? J’ai racheté un paquet. Pas parce que j’ai perdu le contrôle, non. Pour apprendre à mon cerveau à se réguler. Pendant des années, les M&M’s c’était in-ter-dit ! Là, j’en avais sous la main, mon cerveau s’est jeté dessus pour faire les stocks : « Profite ! Après on n’en aura de nouveau plus jamais. »

Tu vois, c’est comme après une longue apnée.
Quand on ressort la tête de l’eau, tout notre corps demande de l’oxygène. On prend des grandes bouffées d’air, bien plus que ce qu’on peut absorber, « pour rattraper ». Et si on pense devoir replonger, qu’est-ce qu’on fait ? On gonfle les poumons au max et on garde tout bien précieusement à l’intérieur.

Mais si on fait confiance à notre corps, petit à petit, il retrouve un rythme de respiration normal. Il réalise qu’il a tout l’air dont il a besoin autour de lui. Il peut alors se contenter de ce dont il a besoin. Ni plus. Ni moins.

J’avais réussi, assez vite, à retrouver ce calme avec les chips, les bonbons, les Chocobons. Mais ce weekend, avec les M&M’s j’ai réalisé quelque chose : j’avais encore des aliments « interdits » que j’adorais et qui me manquaient. Ce travail-là, il n’est pas linéaire. C’est normal.
Alors au lieu de me « punir » d’avoir repris mon souffle, je me donne de l’air. De l’air pour respirer.
J’ai racheté mes M&M’s. Peut-être que le paquet tiendra un jour, peut-être une semaine, peut-être un mois.
Mais je donne le temps à mon corps de sortir du mode « je reprends mon souffle ».
J’apprends à lui faire confiance.
Je sais que sans frustration, il n’y a pas de craquage.

T’es mignonne, mais ça pèse sur la balance

Oui, tu as raison. Mais en fait non.

Tu te rappelles du pondérostat ? Le système de régulation du poids qu’on a l’intérieur de nous. Celui qui se régule par la faim et la satiété.
Si tu l’écoutes, si tu attends que la faim revienne après ton croissant de jeudi, il est où le problème ?

Quand les premiers signes de faim arrivent, attends un peu. C’est là que ton corps va puiser dans ses réserves. Laisse-lui 10 minutes pour faire son boulot. Quand les gargouillis reviennent une deuxième fois environ 1h après, là vas-y, mange à ta faim.

Tu n’avais pas faim pour le croissant de ta collègue ? On s’en fou. Ton corps aura juste un peu plus de réserves avant de ressentir la faim.

Ta collègue amène un croissant au bureau, ça te fait plaisir ? Mange-le, comme si c’était une orange, sans culpabilité, sans jugement, sans critique. Écoute ton corps, laisse la faim revenir à son rythme et continue ta journée. C’est un non-événement.

Sortir du cycle frustration – craquage

Concrètement, comment on fait pour arrêter de se prendre la tête avec la bouffe ?

1. Identifie tes interdits

Fais la liste des aliments que tu t’interdis. Tous. Même ceux que tu te permets « seulement le weekend » ou « uniquement en version light ». Ces règles cachées, ce sont des interdits déguisés.

2. Choisis UN aliment

Commence par celui qui t’obsède le plus (comme mes Chocobons). Ou au contraire, si ça te fait trop peur, prends celui qui te semble le plus « gérable » pour débuter en douceur.

3. Autorise-toi VRAIMENT

Achète TON paquet. Pas celui des enfants, pas celui de ton/ta partenaire. Le tien. Mets-le bien en vue, pas caché au fond du placard. Et donne-toi la permission inconditionnelle : « J’ai le droit d’en manger quand j’en ai envie. »

4. Accepte la phase « tête de l’eau »

Oui, au début tu vas peut-être en manger beaucoup. C’est normal. Ton corps/cerveau rattrape des mois, voire des années de privation. Ne panique pas. Surtout, ne te remets pas en restriction. Ça ruinerait tout le processus.

5. Observe sans jugement

Note comment tu te sens avant, pendant, après. Repère quand c’est vraiment de l’envie et quand c’est encore de la compulsion résiduelle. Pas pour te contrôler, juste pour apprendre à te connaître, t’écouter et, petit à petit, te faire confiance.

6. Sois patiente et bienveillante avec toi

L’apaisement ne vient pas en une semaine. Chaque petit pas compte. Félicite-toi d’avoir acheté ton paquet, même si tu l’as fini vite. C’est déjà un immense pas vers la liberté.

Besoin d’un coup de pouce ?

On ne déconstruit pas des années de régimes, de frustrations, d’injonction du jour au lendemain. Si tu as besoin d’un petit coup de pouce pour sortir du cycle infernal frustration-craquage-culpabilité, je suis là pour toi !